Vous êtes ici

Coupe du Monde 2019

La victoire en tremblant

Par Julien Guérineau, à Nankin - 07/09/2019
Bellenger/IS/FFBB
L’Equipe de France a assuré sa place en quart de finale de la Coupe du Monde après sa victoire au bout du suspense sur la Lituanie (78-75).

Les Italiens les appellent les fuoriclasse. Les surdoués. Les hors normes. De ceux qui vous font changer de dimension. Evan Fournier et Rudy Gobert rentrent incontestablement dans cette catégorie. Comme ils l’ont fait à plusieurs reprises dans cette Coupe du Monde, les deux compères ont survolé le début de rencontre. Le premier en attaque, le second en défense. Le premier vous effleure telle une caresse pour se défaire de son défenseur, laisser l’aide sur place et déposer un shoot soyeux dans le cercle. Le second déploie ses immenses segments, effraie un cinq entier et transforme la raquette en zone interdite.

Rapidement, ils ont été rejoints par des membres de l’ancienne génération. Celle qui a écrit les plus belles pages du basket français. En pleine possession de ses moyens, Nicolas Batum a repris son rôle préféré de parfait lieutenant. Et cette année la France peut s'offrir l’immense luxe de faire sortir du banc celui qui est sans doute le meilleur joueur d’Euroleague depuis son retour de NBA en 2014. Nando De Colo a signé un impressionnant 15 d’évaluation en 9 petites minutes lors de la première mi-temps.

Le quatuor magique a finalement inscrit 46 des 50 points français lors du premier acte, illustrant à merveille la hiérarchisation que souhaitait Vincent Collet avant le début de la campagne. Les Bleus version 2019 connaissent leur rôle et l’exécutent sans état d’âme. Une recette gagnante, la France ayant compté jusqu’à 14 points d’avance (26-12) face à une Lituanie dans un premier temps obnubilée par l’idée de profiter de son avantage de puissance sur certains postes et qui en oubliait quelque peu son basket.

Un écart que le réveil de Jonas Valanciunas, débarrassé de Gobert quelques minutes, réduisait un instant mais qui enflait à nouveau dans des proportions similaires lorsque Amath M’Baye puis Andrew Albicy faisaient mouche de loin (59-42, 25’). Le tableau aurait pu être parfait sans les fautes qui s’abattaient sur les Tricolores. Les Baltes insistaient sur le jeu poste bas, ne parvenaient à inscrire que deux paniers dans le jeu au troisième quart-temps mais passaient leur temps sur la ligne des lancers-francs.

Ils grignotaient irrémédiablement leur retard, les rebonds offensifs, clés de la rencontre selon le staff technique français, s’invitaient soudainement dans la partie alors que la machine offensive tricolore se grippait dangereusement. Les shoots longue distance ne trouvaient plus la cible, Evan Fournier manquait de réussite et Gobert retournait à nouveau sur le banc, sous la menace des fautes. L’inquiétude grandissait à Nankin, transformée en vent de panique lorsque Lukas Lekavicius ponctuait un 5-22 qui voyait la Lituanie repasser en tête pour la première fois depuis la troisième minute (68-69).

Dans un final à couper le souffle, les deux équipes se rendaient coup pour coup, l’une pour sauver sa peau, l’autre pour voir plus loin dans la compétition. Après le superbe réflexe de Gobert de nettoyer le cercle d'un lancer-franc de Valanciunas pour égaliser, Nando De Colo signait un tir extérieur de grande classe et les Bleus faisaient un ultime et décisif stop défensif. Assurée d'une place en quart de finale, la France jouera la première place contre l'Ausralie lundi.

France bat Lituanie  78-75

Réactions
Andrew Albicy :
"On savait que ce serait dur. On a été en difficulté par rapport aux fautes, je préfère ne pas parler de l’arbitrage. Nous avons su mettre les paniers clutch qui nous permettent de jouer la première place. Ce soir chacun a assumé son rôle, notamment nos leaders au scoring. C’est un soulagement. Jamais on ne s’est dispersé, même dans la difficulté. Cela montre qu’on a du caractère. Battre une équipe qui jouait sa vie c’est vraiment bien."

Evan Fournier : "Les fautes leur ont permis de revenir dans le match. Dans ces moments-là tu te dis que tu es seul contre tout le monde et que tu vas gagner le match comme ça. Nous sommes solides. Ce qui les a tués sur la fin c’est qu’ils ne savaient plus sur qui défendre entre Nando et moi. Il met un tir à trois-points, je mets un tir à deux points puis il termine le match. C’est de l’alternance. Nous sommes forts mentalement mais il faut arrêter de lâcher des avances de plus de 15 points."

Vincent Collet : "Nous sommes contents d’être déjà dans le Top 8. Une défaite aurait beaucoup compliquée les choses. Désormais on sait que les Etats-Unis vont finir premiers de l’autre groupe. Si nous avons le bonheur de battre l’Australie nous pourrions jouer la République Tchèque ou la Grèce. Ce soir nous faisons une très bonne première mi-temps. Ensuite ils ont durci, pour ne pas dire pourri la situation. Et nous avons été sanctionnés, sans nous désunir. On s’est mis à rater des tirs que nous ne rations pas auparavant. Nous gardons le gain du match grâce à des actions individuelles de classe de Nando De Colo et Evan Fournier. Et défensivement Nicolas Batum a éteint Grigonis, qui pouvait être le facteur X. Le prochain match est toujours le plus dur et ce sera le cas contre l’Australie."

close
Envoyer à un ami

Ce contenu a attiré votre attention et vous souhaitez le partager ? Envoyez le lien de cette page à vos amis et collègues en remplissant simplement le formulaire ci-dessous.

*Les champs obligatoires sont signalés par un astérisque

'